Dubaï la rouge

dubai banner 2 (1)

Jamais on n’aurait pu prévoir des législatives anticipées au terme des élections européennes ; jamais on n’aurait pu prévoir que, pour la première fois, un parti de gauche radicale arriverait premier à Dubaï. Ne jamais dire jamais en politique.

Les urnes ont rendu leur verdict dimanche soir. Avec un taux de participation toujours faible (au-dessous de 20%), Manon Aubry pour La France Insoumise-Union Populaire arrive en tête au bureau de Dubaï avec 25,70% des suffrages exprimés. Derrière, Valérie Hayer pour Besoin d’Europe talonne LFI avec 22,35%. En embuscade, l’extrême-droite (Bardella-Maréchal) totalise pour sa part 21,06% (10,65 + 10,41).

Sans bouder notre plaisir, il est néanmoins difficile d’affirmer que la communauté française de Dubaï et des Emirats du Nord a basculé à gauche. Avec les Républicains (12,85%), la droite, très à droite, reste solide sur ces bases face à cette montée de la gauche. Un tel scénario était inenvisageable avant Macron et au début de la République en Marche.

Qu’est-ce qui a changé ? La sociologie des Français des Emirats en premier lieu. Si les 30 000 Français des Emirats ont plutôt un profil d’expatriés (qui sont de moins en moins nombreux soit dit en passant), il y a aussi ceux que l’on ne voit pas. Le petit peuple des employés, qui travaille beaucoup pour des salaires peu élevés, ceux qui sont venus tenter leur chance et qui sont plus sensibles à la cause palestinienne.  Il n’y a pas que des influenceurs à Dubaï, loin s’en faut. En second lieu, l’arrogance d’un président jupitérien et de ses premiers ministres a stimulé la participation d’un électorat déçu et volontiers abstentionniste.

Aux prochaines législatives, un candidat unique de la gauche pourrait faire, au moins, aussi bien que les trois représentants de LFI, des Verts et du PS (25,70 ; 3,60 ; 8,52 = 37,82). Faisons le pari du Nouveau Front Populaire.

CISE

25 juin 2024

Nos articles similaires

La solidarité lorsque l’on vit à l’étranger : exemples concrets

Il est intéressant de constater comment certains découvrent la « solidarité » à 40 ans passés, à l’occasion d’une crise ou d’une situation exceptionnelle.

De l’importance de connaître et de faire valoir ses droits à l’étranger

Connaître ses droits permet donc de comprendre ses obligations vis-à-vis de son pays d’accueil, mais aussi d’anticiper les risques, voire même et surtout, de pouvoir se défendre face à une éventuelle injustice.

Les écoles françaises à l’étranger, c’est quoi le problème ?

Les prochaines élections consulaires (30-31 mai 2026) sont une bonne occasion de mobiliser les parents et les enseignants pour sauver le réseau des écoles françaises à l'étranger.