L’arroseur arrosé

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Emmanuel Macron a fait un pari. Après avoir fait le lit de l’extrême droite, il a voulu recomposer un « centre républicain » dont le seul intérêt aurait été de continuer à gouverner comme il l’a fait depuis 2017, c’est-à-dire sans se soucier du peuple et des contre-pouvoirs institutionnels.

S’il y a bien un domaine dans lequel il faut reconnaître au président de la république un certain talent, c’est l’art de manipuler les foules. Maître en communication politique, il n’hésite pas à affirmer une chose et son contraire – le fameux « en même temps ». Ni droite ni gauche, une femme à Matignon, le plus jeune premier ministre, le voile, l’immigration, la dette, toutes les ficelles ont été tirés. Jusqu’à la corde pourrait-on ajouter.

Si l’on peut douter de la morale du personnage, il est un point sur lequel il y a unanimité. La présidence Macron est néolibérale, de droite, résolument hostile aux classes populaires. Ayant perdu sa majorité, Macron a exécuté, une fois encore, un tour de passe-passe.

Le prestidigitateur de l’Elysée a tenté un passage en force avec la montée du Rassemblement National. La gauche étant divisée de manière endémique, un espace centriste, républicain parce qu’opposé (en théorie) à l’idéologie d’extrême droite, lui aurait donné une nouvelle majorité, majorité composite certes mais à coup de 49.3, un parlement croupion aurait poursuivi les « réformes » voulues par le patronat.

C’était sans compter sur la formation d’un nouveau Front Populaire. A trop vouloir passer en force, la corde a cassé. Le peuple de gauche, les partis, les syndicats, les associations de gauche, les intellectuels, les universitaires, ont unanimement embrassé l’initiative de François Ruffin et leurs ralliements se poursuivent, de jour en jour. C’était tellement évident qu’il fallait une occasion comme la dissolution pour la voir tomber comme un fruit mûr.

La CISE qui a prôné l’union des gauches depuis sa création ne peut que s’en réjouir et rejoint d’ailleurs ce Front Populaire.

23 juin 2024

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