Les prochaines élections consulaires (30-31 mai 2026) sont une bonne occasion de mobiliser les parents et les enseignants pour sauver le réseau des écoles françaises à l’étranger.
L’aspect le plus visible de la crise actuelle des écoles françaises regroupées au sein de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’étranger (AEFE) est l’augmentation des frais d’écolage. Certains établissements, au Maroc ou en Italie, sont plus touchés mais c’est une tendance mondiale qui s’affirme dès la prochaine rentrée. Les charges pesant sur les enseignants (pensions) sont la principale raison évoquée par le gouvernement. Mais mettre en avant un problème technique est l’arbre qui cache la forêt.
Depuis plus de vingt ans, tous les gouvernements, sans exception, ont contribué à la financiarisation de ce secteur d’activité, un peu sur le modèle des hôpitaux publics en métropole. Paradoxalement, les écoles françaises à l’étranger ont été victimes de leur succès. En 1995, il y avait 155 000 élèves dans le réseau ; la barre des 400 000 a été dépassée l’année dernière. Mais cette augmentation ne s’est pas traduite par une augmentation des fonctionnaires détachés, profs et personnels de direction (5 100 en 1994, 5 000 aujourd’hui), compétents et très peu chers par rapport à leurs collègues anglo-saxons par exemple.
Ce désengagement de l’Etat a été compensé par le transfert des compétences à des opérateurs privés (Odyssey par exemple). Le but de ces derniers est de faire de l’argent. Il en résulte une financiarisation du réseau. Pour distribuer des profits aux actionnaires, les conditions de travail des personnels se dégradent, les salaires des contrats locaux n’augmentent pas malgré l’inflation. Les frais de scolarité s’envolent et beaucoup de familles se tournent déjà vers d’autres écoles, moins chères.
Profitons de ces élections pour mobiliser parents et enseignants. Le réseau court un danger existentiel car il est aux mains de néolibéraux.
WG