Le poids électoral croissant de l’extrême droite dans le monde est un fait très préoccupant.

Etre de gauche n’est pas forcément populaire et le « peuple » n’est pas forcément de gauche. Aux USA, ce découplage a été utilisé à fond par Donald Trump pour rallier les désespérés à son camp. En fait, c’est un « progressisme », celui des Lumières – plus qu’une « gauche » – qui a impulsé la révolution française, une grande partie de l’élite (y compris des membres de la noblesse) l’ayant rallié.

Quelle est alors la relation entre le peuple et la gauche ? La réduction des inégalités lorsque celui-ci se mobilise, comme en 1792, en 1848, à Paris pendant la Commune de 1870, etc… Il n’y aurait pas de progrès social pour le peuple sans sa participation. Il s’avère que ce n’est pas l’élection du Front Populaire en 1936 qui a immédiatement amené les congés payés, mais les grèves générales qui l’ont suivie. ..

Par contre sans le peuple, voire contre lui, l’élite politico-économique peut imposer des progrès techniques non débattus comme une informatisation poussée de la société, des caméras de surveillance omniprésentes, la marchandisation de l’espace (tourisme spatial pour milliardaires, nouvelle galaxie de satellites…), créer de nouveaux êtres humains par transhumanisme, prolonger sous couvert d’innovation des sources d’énergie néfastes pour les générations futures etc…

De son côté, le problème écologique est scientifiquement fondé, mais il est indéniablement incompatible avec le capitalisme. Sa recherche incessante du profit nécessite des processus de marchandisation et de financiarisation sans cesse croissants, qu’accompagne une concurrence débridée et faussée envers les pays en développement. Il faut au contraire que les États se donnent les moyens de coordonner la transformation de l’économie pour lutter contre le dérèglement climatique.

Les échecs des COP 27 et COP 15 (de la biodiversité) sont à deux mois d’intervalle des exemples très probants de l’incompétence du capitalisme à agir en faveur du climat.

Contre ce dernier, l’écologie ne peut donc qu’être de gauche : extension des biens communs, recul de la marchandisation, planification.

Sur le plan national, la gauche peut être populaire à travers des méthodes aux techniques simples. Les jardins ouvriers par exemple participent d’une expérience collective et populaire qui lutte pour exister (évacuation musclée des jardins d’Aubervilliers en 2021 pour préparer les jeux olympiques). Le biogaz permet à des fermiers d’être autonomes en énergie mais cette autonomie est menacée par les géants de l’énergie (voir l’article de Claire Lecoeuvre, Monde Diplomatique de décembre 2022). A Cuba, où l’on cultive sur les toits et les balcons en ville, le pays a réussi sa révolution verte alors qu’il est sous blocus des USA depuis 60 ans (https://voyage.tv5monde.com/fr/cuba-championne-du-monde-de-lagro-ecologie.

Notre association, la C.I.S.E., prône des subventions pour des énergies renouvelables à attribuer aux collectivités locales et aux coopératives énergétiques : https://cise-francaisdeletranger.net/qui-sommes-nous/ au plus près des sources de consommation. Cela implique un État stratège ayant la volonté et les moyens d’une politique écologique et redistributive, d’une écologie populaire.

Frédéric Bendali, Vincent Buard et Alexandre Chateau-Ducos

31 décembre 2022

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