Fin d’époque

aigle

Ça y est, l’après-guerre est finie. Nous tournons la page de l’après-deuxième-guerre-mondiale. Jusqu’à maintenant le monde était partagé entre les mains des vainqueurs de la dernière guerre mondiale, et le conseil de sécurité de l’ONU reflétait cet état. Bien sûr, l’un des deux camps a subi une crise cardiaque, le camp marxiste-léniniste, mais même s’il est mort politiquement, tout au moins en Russie, on gardait le sourire.

Mais que restait-il de la Russie une fois les découpages soviétiques devenus des frontières internationales ? La Sainte Russie, ressuscitée déjà lors du combat contre les Allemands pendant la dernière guerre mondiale a refait surface, et nous sommes revenus à une situation rappelant le Grand Jeu entre la Grande Bretagne et la Russie au XIXème siècle. A cette époque, les Anglais et les Français étaient alliés contre la Russie dans la guerre de Crimée (1853). Maintenant les USA ont remplacé les Britanniques et les Français, devenus des vassaux. Le sourire est perdu, et un siècle et demi aussi.

La chute du mur de Berlin a été vécue par beaucoup d’entre nous, même de Gauche, comme un espoir de renouvellement du monde : on allait faire la paix, reconnaître que l’URSS était devenu un empire comme son adversaire américain, tous deux luttant l’un contre l’autre avec pour objectif majeur leur expansionnisme économique ou politique.

Allait-on repartir pour un progrès social sur des bases apaisées? L’un des lutteurs s’étant effondré, il n’y aurait plus de raison de dépenser de l’argent pour l’armement… Mais c’était oublier que le complexe militaro-industriel est la locomotive de l’économie américaine. L’O.T.A.N. s’est donc élargie à l’Est, en dépit des engagements initiaux et de la fin de la guerre froide, dans un « drang nach osten » (poussée vers l’est) comme le voulait Hitler.

Tout est à refaire, mais maintenant la planète court le risque d’une catastrophe climatique, et peut-être nucléaire. L’OTAN est au service de l’empire américain, qui a besoin d’ennemis comme la Russie, laquelle a trop bien joué ce rôle. Nous voilà plongés dans une guerre qui était parfaitement évitable.

La CISE, consciente de l’irresponsabilité des protagonistes de cette guerre dans laquelle est plongée l’Ukraine, demande tout d’abord l’arrêt des hostilités, le retour de l’armée russe dans ses casernes, la reconnaissance du droit du peuple ukrainien à décider de son destin, la sortie de la France de l’O.T.A.N. qu’il faudra dissoudre à terme, ainsi que la reconnaissance et le renforcement de l’O.N.U. comme arbitre des conflits.

Frédéric Bendali et Vincent Buard

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