La confiance est rompue!

Le 8 décembre 2020, la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne solidaire (FEHAP) publiait un sondage qui montrait que 19% seulement des personnels soignants en Ehpad souhaitaient se faire vacciner. De tous les personnels soignants, ceux qui officient dans ces structures sont particulièrement exposés. Bien qu’il faille se méfier d’une manière générale des sondages, il demeure que la confiance dans les vaccins n’était pas, ou n’est pas, au rendez-vous – ce que d’ailleurs d’autres sondages dans le milieu hospitalier ont confirmé par la suite.

Le problème est moins l’efficacité ou les risques de la campagne de vaccination que la confiance que l’on peut accorder aux autorités, en l’occurrence ici sanitaires. Depuis le début de la crise, les palinodies et la gestion de la pandémie par le gouvernement ou les responsables d’administration centrale n’incitent effectivement pas à suivre sans broncher les mesures qui sont décidées. Il est légitime de se demander si nos gouvernants sont animés par la recherche de l’intérêt général. Ce simple constat est quand même grave.

La confiance est donc rompue. La crise a révélé à quel point le divorce était consommé entre une grande majorité des Français et leurs élites politiques. En ces temps de banalisation du mensonge et de la duplicité, le président et son gouvernement semblent plus préoccupés par l’élection présidentiel de 2022, la réélection d’Emmanuel Macron, que par la santé des Français, au premier rang desquels il faut mettre les plus désœuvrés. Que les origines de cette crise de confiance remontent aux quinquennats précédents, c’est évident. Mais elle atteint un degré jamais égalé dans un moment critique de la vie de la nation. La confiance est la condition sine qua non du pacte républicain. Il ne peut pas y avoir de volonté de vivre ensemble, de partager une communauté de destin si cette confiance n’est pas restaurée. Le chantier est gigantesque.

Vincent Buard

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