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La réalité d’un génocide en cours à Gaza

Génocide à Gaza

La définition du mot “génocide” en droit international a pour principal concepteur Lemkin, juriste juif d’origine polonaise dont la famille a été massacrée par les nazis. Pour autant, Lemkin a refusé de se limiter au cadre de la Shoah. Sa définition a été adoptée en 1948 par l’ONU en les termes suivants :

« Dans la présente Convention, le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :

1.Meurtre de membres du groupe ;

2.Atteintes graves à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;

3.Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;

4.Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;

5.Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe.

En matière de génocide, l’intentionnalité est nécessaire pour constituer le crime. Dans ce cas, l’assimilation des Gazaouis à Amalek, référence biblique à une nation rivale à détruire, a été proférée publiquement par le premier ministre Netanyahou… Au parlement comme au gouvernement, plusieurs déclarations sont comparables sinon plus explicites encore..

Aujourd’hui, on dénombre plus de 25 000 morts à Gaza, en majorité des femmes et des enfants, en général dans des bombardements indiscriminés. Selon une source militaire interrogée par le média israélo-palestinien +972, depuis le 7 octobre, le nombre de ces victimes civiles (« dégâts collatéraux ») jugées acceptables par Tsahal dans l’objectif d’atteindre un seul militant du Hamas serait passé de «dizaines» à «des centaines»,

Lorsque les hôpitaux sont systématiquement ciblés par les bombardements de l’armée israélienne, que les convois d’aide humanitaire sont bloqués ou filtrés au compte-gouttes, qu’une grave pénurie d’eau (due à la pénurie de carburant, indispensable pour faire tourner les usines de dessalement et les infrastructures de pompage) menace la vie de centaines de milliers de personnes, et que 80% des personnes menacées de famine dans le monde sont actuellement à Gaza, l’intentionnalité du génocide ne fait plus aucun doute.

La Fédération Internationale des Droits de l’Homme – organe de référence s’il en est –, tout comme une trentaine d’experts des Nations Unies n’hésitent pas, depuis déjà plus d’un mois, à utiliser le terme de « génocide » pour caractériser la situation actuelle à Gaza.

Un génocide objectif est donc en cours, masqué par une puissante escorte médiatique très partiale, chez les principaux soutiens d’Israël, notamment aux U.S.A., en Grande Bretagne, en France et en Allemagne. Le premier de ces pays approvisionne Tsahal quotidiennement en munitions et use de son droit de véto au conseil de sécurité de l’O.N.U.  Ces pays ont manifesté et maintenu jusqu’à ce jour leur soutien « inconditionnel à Israël », un approvisionnement quotidien en munitions et leur veto (U.S.A.) à toute résolution du Conseil de Sécurité demandant un cessez-le-feu.

La CISE soutient la plainte pour faits de génocide introduite par l’Afrique du Sud à l’encontre d’Israël devant la Cour Internationale de Justice et rappelle qu’aucune nation, aucun groupe ethnique, aucun organe médiatique n’est exempt de comptes à rendre devant l’histoire aux titres de génocide ou complicité de génocide.

Vincent Buard, Frédéric Bendali et Jean-Baka Domelevo Entfellner

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